Quelles sont les méthodes de valorisation pour évaluer une cible ?


1) Quelles sont les méthodes de valorisation pour évaluer une cible ?

Trois méthodes de calcul sont couramment utilisées par les cédants et contrôlées par les conseils des repreneurs ! Le point de départ est toujours constitué des comptes de l’entreprise, sur les deux ou trois dernières années. Si les audits révèlent des ajustements sur les comptes et plus précisément sur les résultats, la valorisation en tient compte.

a) La valorisation patrimoniale

La valeur est déterminée à partir de l’actif net corrigé. Pour cela, l’évaluateur prend comme base de calcul les capitaux propres et analyse si les postes du bilan sont correctement évalués.

L’objectif est de parvenir à une valeur vénale des éléments composant le patrimoine de l’entreprise, c’est-à-dire une valeur qui se rapproche de la trésorerie qui pourrait être récupérée (créance sur un client, créance sur l’État, etc.) ou décaissée réellement (dette vers un fournisseur, vers l’administration fiscale).

Parmi les retraitements importants, la réévaluation du fonds de commerce (la clientèle) est souvent soumise à discussion, voire à négociation. Beaucoup de sociétés à reprendre aujourd’hui ont été constituées par le cédant qui, à l’origine, n’a pas toujours acquis le fonds de commerce et la clientèle qu’il exploite au moment de la cession : il l’a créé ! Or la valeur de l’entreprise n’est pas uniquement constituée de la trésorerie présente et future, mais bien de la capacité à générer dans le temps de la marge récurrente, donc le fonds de commerce.

Ainsi, cette méthode a l’avantage de partir d’un élément tangible : l’actif net corrigé des éléments polluants ou des incidences purement comptables, donc d’éléments existants et tangibles tels que la trésorerie en banque, les créances sur les clients, etc.

Le curseur de négociation entre l’éventuel acquéreur et le cédant se situe dans l’appréciation du fonds de commerce, pour lesquels des barèmes et des habitudes d’évaluation par branche d’activité existent.

b) Les multiples des résultats

L’optique ici est différente, dans la mesure où elle vise à comprendre (et donc à faire financer) en combien d’années de résultat, ou de dégagement de trésorerie, l’acquéreur aura récupéré le montant de son investissement.

C’est le pari de la rentabilité, en prenant comme base celle qui a été constatée pour apprécier celle qui sera dégagée dans l’avenir. Cette méthode n’exclut pas de retraiter les comptes, et notamment le calcul des résultats passés pour les isoler et neutraliser les éventuels événements ayant des conséquences sur le résultat (opérations exceptionnelles, départ en retraite, etc.).

Il s’agit d’identifier les éléments qui ne participent pas directement à l’activité courante de l’entreprise, afin de les retraiter pour approcher sa valeur. Le coefficient multiplicateur du résultat ou de la trésorerie moyenne dégagée sur une période jugée normative doit être sélectionné avec prudence et dépend du secteur d’activité de l’entreprise et d’une appréciation du risque inhérent à la société.

c) Flux de trésorerie

La valeur de l’entreprise est appréciée par une estimation de la trésorerie qu’elle va dégager dans le temps et qui est actualisée au jour de la cession des titres.

Il s’agit donc de calculer le dégagement de trésorerie qui a été constaté en moyenne dans le passé, ou d’estimer celui qui devrait être dégagé sur une année courante et d’en actualiser les flux futurs.

Toutefois, il convient de tenir compte des investissements de renouvellement du parc immobilisé et, parfois, la négociation entre l’acquéreur et le repreneur sur ce sujet est délicate, de même que le choix du taux d’actualisation de ces flux. Cette approche tend à valoriser les sociétés qui dégagent de faibles bénéfices, mais une trésorerie importante du fait d’amortissements significatifs.

En revanche, le montant des investissements nécessaires pour remplacer les actifs en cours de dépréciation prend d’autant plus d’importance.

Ces trois méthodes d’évaluation des entreprises à reprendre sont susceptibles de parvenir à des estimations très différentes en fonction des situations. De plus en plus de sociétés à reprendre disposent de trésorerie excédentaire, pour des raisons fiscales. Il convient donc à chaque fois de traiter les éventuelles particularités de chaque situation.

Toutefois, il reste des grands fondamentaux de valorisation d’une société à reprendre : le raisonnable et le finançable !

2) Retenir une méthode raisonnable et finançable pour évaluer une cible !

Dans le microcosme de la reprise des PME ou des TPE, le calcul qui débouche sur l’évaluation de la société ne peut être le seul élément à prendre en compte pour négocier le prix.

L’aspect affectif, très souvent fortement ressenti (pas systématiquement exprimé) par le vendeur, le souhait de céder son entreprise à untel ou untel, le calendrier, sont autant de paramètres qui influent sur la valeur et donc sur le prix.

Toutefois, dans une première approche, deux critères qui dans un grand nombre de situations entrent en jeu sont souvent négligés :

a) L’avis du banquier

Pour envisager de financer une acquisition, le banquier a besoin des comptes de l’entreprise et de croire au projet des repreneurs, d’où l’importance du business plan, des caractéristiques des repreneurs, de chiffres cohérents et prudents.

Dans certaines situations exceptionnelles, le banquier peut accepter un financement sur la base d’une valorisation forte et même déconnectée de la réalité financière présente de la société, mais, compte tenu du volume des dossiers traités par les banques, ces cas sont somme toute assez rares.

En revanche, un établissement bancaire a souvent des difficultés à financer une activité sur la base nettement supérieure à 6 à 7 fois le résultat.

De manière plus pragmatique, si le résultat dégagé par la cible ne permet pas de rembourser le prix d’achat au repreneur sur 5 à 6 années, il est estimé qu’il y a un risque ou que le prix est trop élevé.

Bien évidemment, n’est citée ici qu’une fourchette moyenne sur laquelle des exceptions peuvent être notées.

b) Ce qui est finançable !

De même, une autre démarche (liée à la précédente remarque) serait de retenir ce qui est finançable. Par exemple, une société qui dégage 80 K€ de trésorerie annuelle moyenne et valorisée 1 000 K€ serait difficilement finançable.

Avec un apport personnel de 30 %, soit 300 K€, la société devrait dégager plus de 100 K€ rien que pour payer les mensualités d’emprunt. Il faut dans ce cas modifier la répartition entre apport personnel et financement bancaire, mais le fondement est que pour une entreprise évaluée plus de 12 fois, le résultat annuel moyen signifie que, si tout se passe bien, sur un investissement personnel de plus de 300 K€, l’entrepreneur va commencer à rentabiliser son investissement dans 13 à 14 ans !

Ce type d’approche permet de remettre en lien la valeur estimée de l’entreprise avec la réalité de ce qui est finançable.

Dans toute démarche de recherche de financements, à défaut de pouvoir expliquer un prix négocié très au-delà des dégagements de résultats actuels de l’entreprise, le repreneur aura tout intérêt à se rapprocher de ce qui peut être compris par son financeur !


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